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LETTRES

Laura d'Otto Preminger à Lycéens au Cinéma

Par SARAH NORMAND, publié le mercredi 14 février 2018 13:35 - Mis à jour le jeudi 15 février 2018 11:42
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Une critique du film par nos journalistes. Rédaction : Anna BOUTHIER – Nourène CHAMSOUDINE – Bertille BEAUJEAN Ouest-France Sarthe Nord N°2nd12 mardi 13 février 2018

Laura : L’heure de gloire ?

Trois hommes, une femme, un meurtre.

La victime est vivante, l’assassin s’est mépris. Le Chasseur s’apitoie sur sa Proie : pathétique. Même quand le jeu est double il n’y a qu’une seule loi : la justice est en cours, c’est une question de temps…

Un chef d’œuvre de Otto Preminger avec la participation généreuse de Gene Tierney dans le rôle de Laura, de Clifton Webb (Waldo), de Dana Andrews (McPherson) et de Vincent Price (Shelby) ; d’après le best-seller de Vera Caspary.

Cette merveille du Septième Art nous offre une vision novatrice du crime passionnel de la seconde moitié du 20ème siècle. Ce reflet de la société américaine durant les Trente Glorieuses représente une classe sociale toujours en quête de conquêtes.

Une amorce envoûtante nous coupe l’herbe sous le pied : l’héroïne tant attendue est morte ! Les indices sont frappants,le coupable évident et pourtant chaque personnage est soupçonné par le spectateur lui-même ! Les horloges jumelles sont vites oubliées et Waldo acquitté en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire…

Le tact de l’inspecteur est troublé par la tactique du suspect dont le tic-tac rappelle ostensiblement l’heure fatidique. 

Ce meurtre à vous couper le souffle atteint un rythme si soutenu qu’il vous tient en haleine, tout laisse à croire à un rêve quand la morte apparaît.

 

Mais c’est bien Laura et non pas son portrait qui vient troubler le charismatique policier.

La bande-son prend la relève pour donner des couleurs à ce film noir : clarinettes de mauvais augure et radio d’arrière-plan s’enhardissent pour mieux se taire quand la dernière heure sonnera…

Quand la tension retombe, chaque personnalité sait vous influencer d’une phrase atypique ou d’une attitude grotesque pour vous détourner sournoisement du principal coupable.

Le spectateur a peine à retomber sur ses pieds et se perd dans ses conclusions dans un double jeu où Laura et Diane, les deux pendules, les deux maisons, les deux meurtres et bien d’autres vont de paire.

Ce film est une farce à laquelle on rit noir… « Trois hommes, une femme, un meurtre » : en voici déjà la phrase d’accroche ; mais la chute – plus funeste - n’est autre que la mort de l’assassin : l’arroseur arrosé, que d’ironie ! Cependant la plaisanterie s’arrête ici, un esprit compatissant s’arrêtera sur l’arrosé, pathétique, véritable héros tragique de l’histoire, touché en plein cœur par son propre orgueil. Tel le Titus de Racine il souffre d’une relation impossible… Son amour ne relie plus que les cœurs mécaniques de deux horloges identiques…

Dans ce film l’amour d’une femme coutera la mort d’un homme.

Libre à vous d’aller en juger par vous-même…

 

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